INTELLECTUELS D’AFRIQUE, où EN SOMMES-NOUS ?

« Au moment  du libéralisme économique, au moment où s’instaure l’ère de la liberté, moment exceptionnel où l’Afrique a réussi à bénéficier d’un stock sans précédent dans l’histoire de ressources humaines de hautes qualités intellectuelles, de ressources culturelles et morales, de connaissances modernes et d’expertise, la question est de savoir si, cette fois, nous allons attendre d’être déterminés de l’extérieur ou si nous pourrons anticiper notre devenir, c’est-à-dire, faire l’option de ce que doit être la place  de l’Afrique dans le monde  du 21è siècle et élaborer les stratégies qui doivent nous y conduire.

La réponse à une telle question, ne peut venir que des intellectuels. Parce qu’elle est avant tout la résultante d’une œuvre de réflexion embrassant l’histoire et intégrant les données actuelles dans toutes leurs dimensions politiques, économiques, culturelles et sociales. C’est pourquoi les intellectuels africains sont sommés de répondre par oui ou non à la question : Pouvons-nous anticiper notre devenir, inventer notre futur ? »
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Tel a été l’appel lancé par Mr Abdoulaye WADE en février  1996. Il s’en est  suivi une rencontre, la « Conférence Internationale des Intellectuels et Homme de Culture d’Afrique » à Dakar du 21 au 26 mai 1996

De cette conférence est sortie une déclaration dite «Déclaration de Dakar » : les participants avaient affirment leur volonté « d’assumer l’histoire contradictoire et douloureuse de l’Afrique et de lutter pour la réhabilitation de nos peuples grâce à une interprétation plus exacte de notre histoire ».

Ils avaient décidé de conjuguer leurs efforts pour mener la bataille intellectuelle qui doit aboutir à un changement profond dans la marche du monde pour en faire un monde plus juste qui donnera à chaque peuple et à chaque individu les mêmes chances dans une compétition qui ne peut être bénéfique à l’humanité. Et à la fin de cette déclaration il y avait l’engagement  de consacrer nos forces matérielles, intellectuelles et morales pour mener le seul combat qui vaille : s’assumer collectivement pour que l’Afrique prenne une place honorable dans la communauté internationale du 21è siècle.
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Vingt ans après où en sommes-nous par  rapport à cet engagement ?

3 Commentaires le INTELLECTUELS D’AFRIQUE, où EN SOMMES-NOUS ?

  1. Vingt ans après où en sommes-nous par rapport à cet engagement ?
    Le bilan est mitigé. Nous ne pouvons nier l’action des différentes associations qui œuvrent dans divers domaines pour faire avancer les choses. Mais la bataille est loin d’être gagnée face à des systèmes politiques qui ne se soucient pas du bien être du continent. Ceux qui ont une vision pour l’Afrique ne doivent pas baisser les bras ni s’attendre à des résultats immédiats. Il faut surtout rester optimiste, car prendre conscience des défis de l’Afrique est déjà un pas vers la victoire.
    Je pense qu’il y a encore beaucoup de pesanteurs qui empêchent le rayonnement de l’Afrique. Notre système éducatif par exemple nous inculque davantage des valeurs de réussite individuelle que collective. C’est une des raisons pour lesquelles bien de gens pensent que le débat sur les affaires publiques est réservé aux politiques.
    Le bilan est certes mitigé mais il y a des voies évidentes de sortie de crise. C’est une question de volonté pour les gouvernants mais aussi pour chaque africain de travailler pour l’évolution de Afrique. Pour que cette volonté devienne collective,j’encourage les actions des différentes associations pour l’éveil des consciences.
    Bravo au Rameau de Jessé pour tous ces efforts

  2. Chaque pays d’afrique a au moins une bonne ressources humaine qualifiée et disponible pouvant relever le défi en matière de développement que nous connaissons. Mais pourquoi cela pose problème? Quelle serait la contribution de l’élites que nous sommes? Lerameau de jesse étant un lieu de réflexion et d’approfondissement sur le plan intellectuel, spirituel, humain et social jouerait pleinement son rôle afin que les élites partageant son idéal et sa vision puissent prendre conscience de leur responsabilité à répondre aux attentes de nos différentes sociétés qui n’aspirent qu’au développement et dont la manifestation simple est le bien vivre.

  3. Je viens de lire récemment l’ouvrage de Moyo Dambisa : l’aide fatale. Elle souligne une question importante : ne faudrait-il pas renoncer à certaines formes d’aide extérieure, de grosse ampleur, qui amènent de l’argent facile à nos décideurs, mais qui n’est pas forcément adaptée à l’essor du bien-être du pays, de ses populations les plus fragiles…
    Comment les forces productives du pays vont-elles mutualiser leurs moyens propres, pour décider des opérations à mener pour sortir leurs parents de la spirale de la pauvreté, sans attendre devoir se plier aux diktats des bailleurs de fonds étrangers?
    Vous avez choisi un thème courageux et lucide. Puisse-t-il être suivi d’actions concrètes.
    amitié
    jean-paul

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