TEMOIGNAGE : Un Alsacien en Afrique

Par le Père Pierre KUNEGEL

J’ai servi dans le diocèse de Katiola en Côte d’Ivoire de 1963 à 1989, avec une interruption d’un an où j’ai assuré l’économat auprès des Pères âgés, à St Pierre, en Alsace.

Après deux ans à la paroisse cathédrale pour mon initiation missionnaire, j’ai été affecté dans les missions de Niakaramandougou (de 1965 à 1976), de Boniérédougou (de 1976 à 1979) et de Timbé (de 1981 à 1989). J’ai eu la chance de vivre mes six premières années avec l’abbé Prosper KOUADIO, un prêtre ivoirien extraordinaire et d’être nommé, dès le début, aumônier de la JAC puis directeur des œuvres.

Le contact avec la population, et particulièrement avec les jeunes, a été très enrichissant et m’a aidé à découvrir la richesse de la pastorale par l’action catholique. Grâce aux réunions et aux sessions, j’ai découvert les problèmes des paysans par l’intérieur et c’est pourquoi dès 1965 j’ai commencé à mettre en place un centre de formation rurale, avec traction animale, cultures en ligne, verger, jardinage, différents élevages. Avec l’aide de coopérants, nous avons organisé des stages de formation non seulement pour les cultures, le verger et les élevages mais aussi des stages de puéricultures, de secourisme, de couture, d’alimentation équilibrée pour les filles et les femmes.

L’instruction étant la base de tout développement, nous avons dispensé des cours d’alphabétisation dans différents villages. A ma nomination pour la mission de Boniérédougou, le centre a évolué sous la responsabilité du diocèse.

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La conviction que je me suis faite durant toutes ces années, c’est que l’avenir de la paysannerie en Afrique passe par l’éducation, la formation et la protection de la nature. Les feux de brousse qui sont une solution de facilité, sont la principale cause de l’érosion et de l’appauvrissement des sols et donc de la population. Dire que les feux de brousse rendent la terre fertile est une contre vérité.

En 1891 à Timbé, j’ai eu la visite de Joseph, un jeune de 15 ans qui cherchait un travail de manœuvre à la mission. Je lui ai conseillé de faire du jardinage, pour son compte, au bord ‘une retenue d’eau. Très vite il y a pris goût et a pu s’acheter un vélo avec le produit de ses légumes. Peu à peu il a réalisé un verger, un champ d’ignames, d’arachides et de maïs. Il a en 2000 environ 6 hectares en différentes cultures. Ce qui est intéressant, c’est qu’il cultive toujours le même terrain laissant parfois une parcelle en repos pendant un an. Puis il coupe en enfouit les herbes avant la saison sèche pour y refaire l’année suivante. A côté de ces activités, il fait aussi la pisciculture et l’apiculture qui lui apporte un revenu appréciable sans que cela ne lui demande trop de travail.

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«Notre Avenir nous appartient.»

1 Commentaire le TEMOIGNAGE : Un Alsacien en Afrique

  1. Oui notre avenir surtout en Afrique nous appartient.

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